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Dans le département du Tarn, entre Albi et Gaillac, sur la rive gauche de la rivière, se trouve le petit village de Lagrave.
Dans ce village la tradition orale, de temps immémoriaux, a toujours désigné le lieu dit Troclar (sur le cadastre actuel Sainte Sigolène) comme étant l'emplacement où sainte Sigolène fonda un monastère de femmes au début du VII° siècle

Une fontaine Sainte Sigolène, réputée pour guérir certaines ophtalmies ,
Une pile élevée en 1819, selon les souhaits de l'abbé Calmes, pour perpétuer l'emplacement de l'église et du monastère de sainte Sigolène furent, jusqu'en 1971, les seuls témoins créditant la tradition orale.

En novembre 1971 au cours de l'extension du cimetière, situé à Troclar l'on mit au jour plusieurs sarcophages.
Ce fut le début des travaux archéologiques effectués par la société archéologique de Lagrave sous la responsabilité de Marie-Claude et Pierre Cabot, le contrôle de Jean Lautier (correspondant départemental des antiquités préhistoriques et historiques) et l'autorisation des autorités compétentes.
Les recherches s'échelonneront de novembre 1971 à juillet 1998.

Les travaux archéologiques mirent au jour les fondations de l'église décrite en 17OO par Mgr Le Goux de la Berchère lors de sa visite pastorale datée du 10 juin.

Sous le niveau du dallage de la dernière église furent mis au jour les vestiges d'une petite fonderie de cloche. Four et moule.

La découverte majeure fut celle de la crypte où reposa le corps de sainte Sigolène de la fin du VII° s. à la fin du XI° s. Conservée sur une hauteur de 0,90 m le sous bassement du chœur est décoré, à fresques, de draperies stylisées.
Les piliers droit et gauche de l'entrée du chœur ont conservé les traces noires résultant de la combustion des bougies allumées par les pèlerins.

Dans le comblement quelques pierres portent encore enduit et décors.

Les silos, à proximité des sarcophages et à l'intérieur de l'église ont livré un important mobilier daté du XI° au XII° s.

Des impératifs locaux ont obligé à combler un site prometteur qui sera détruit par la construction des tombeaux à la fin du XX° s.

La crypte, sous la pression des responsables de la fouille, a été conservée et protégée par un petit édicule. Elle est classée monument historique par un arrêté en date du 18 février 1994.

A l'ouest, à l'extérieur du cimetière, les fouilles ont mis au jour la continuité de la nécropole à sarcophages. Sarcophages très souvent réutilisés. Les sarcophages se situaient à l'intérieur d'un bâtiment, la cuve étant enterrée le couvercle émergeant au niveau du sol.
La datation au 14C (Lyon- 12259) effectuée sur le dernier inhumé dans le sarcophage n°8 nous donne : 1329 + /- 33 BP soit 588 à 654 ap. J.C.

Au nord du cimetière, de début 1993 à fin 1995, l'exploration d'une partie de la parcelle 766 ZA a permis la mise au jour de six bâtiments, plus ou moins excavés, ainsi que 81 silos sur 1250 m2

Les silos sont de différentes formes et dimensions selon leur utilisation.

Des céramiques, de l'outillage agricole, des clefs, les reliefs de repas carnés... furent découverts à l'intérieur des silos.
Assez rare, le squelette d'un cheval.

Les divers bâtiments à usage artisanal ou domestique appartenaient au monastère qui, selon la "vita" de sainte Sigolène, accueillait malades et pèlerins. A 80 m au nord ouest du cimetière les prospections de surface, après les labours, ont permis de mettre au jour un petit bâtiment excavé de 1,90 m de profondeur, 3m de largeur, 6m de longueur. Habitat domestique ou cellule de reclus ?
On constate divers aménagements: un âtre et son conduit de fumée, des niches disposées à 0,80 m du sol ainsi qu'un bat flanc taillé dans la masse de terre.

L'ensemble des travaux ainsi que le matériel recueilli permettent de retracer la vie quotidienne d'un village rural à proximité d'un monastère, du VII° au XIII° s. Village abandonné progressivement et regroupé autour du château pour des raisons de sécurité.
L'importance du mobilier recueilli a permis ; la création de l'Archéocrypte où il est en partie exposé ainsi que le Centre Culturel qui abrite : la bibliothèque, salles d'expositions temporaires et de conférences. Une pièce à l'étage du centre culturel est réservée à l'étude du mobilier.

Les responsables des fouilles accueillent, sur rendez vous, les étudiants, chercheurs intéressés par le haut moyen âge.
Les rapports de fouille, D.E.A, maîtrise et thèses issus du site de Troclar sont consultables sur places.